Ce test repose sur le Generalized Anxiety Disorder 7-item scale (GAD-7), publié en 2006 par Spitzer, Kroenke, Williams et Löwe dans les Archives of Internal Medicine (166(10), 1092–1097). Ses 7 items couvrent les manifestations centrales de l'anxiété généralisée sur une fenêtre de rappel de 2 semaines, avec une échelle de fréquence à 4 points (0 = jamais, 3 = presque tous les jours). Le GAD-7 a été développé à partir d'un panel d'items dérivés des critères du DSM-IV (essentiellement maintenus dans le DSM-5-TR), puis sélectionnés statistiquement pour maximiser la performance de dépistage en soins primaires. Il est distribué sous licence libre Pfizer pour usage clinique, recherche et éducatif (aucune autorisation requise pour reproduire, traduire ou afficher), ce qui en fait l'outil de dépistage de l'anxiété généralisée le plus utilisé dans le monde — y compris en soins primaires français, où la HAS (2007) le retient parmi les questionnaires acceptables pour le repérage des troubles anxieux graves. La version française autorisée est distribuée par le site officiel de Pfizer (phqscreeners.com).
Le score total (0–21) se classe en 4 paliers de sévérité publiés par Spitzer en 2006 : 0–4 minime, 5–9 léger, 10–14 modéré, 15–21 sévère. Le seuil ≥ 10 est la cote standard d'alerte clinique pour un trouble anxieux généralisé probable. Côté DSM-5-TR (APA, 2022), le diagnostic de trouble anxieux généralisé exige (A) une inquiétude excessive plus de la moitié des jours pendant au moins 6 mois, (B) une difficulté à contrôler cette inquiétude, (C) au moins 3 symptômes parmi 6 — agitation, fatigue, difficulté de concentration, irritabilité, tension musculaire, troubles du sommeil — et (D) un retentissement significatif sur le fonctionnement social ou professionnel. À côté de ces symptômes, des manifestations somatiques peuvent s'inviter : palpitations, tremblements, sensations d'étouffement, surtout lorsqu'une composante de panique se greffe sur le tableau. Le GAD-7 mesure la sévérité, pas la chronicité : ton test ajoute un chapitre de contexte pour distinguer un signal récent d'un trouble installé.
La validation initiale du GAD-7 (Spitzer 2006, N = 2 740 patients de soins primaires américains, comparés à un entretien structuré par un professionnel de santé mentale) rapporte une sensibilité de 89 % et une spécificité de 82 % au seuil ≥ 10 contre l'entretien clinique de référence. La méta-analyse de Plummer et al. (2016), publiée dans General Hospital Psychiatry (39, 24–31) et regroupant 12 études indépendantes, retrouve des chiffres consistants à travers les populations : sensibilité poolée ≈ 0,83 et spécificité poolée ≈ 0,84 au même seuil. Le GAD-7 affiche aussi une excellente cohérence interne (alpha de Cronbach 0,92 dans Spitzer 2006), une fidélité test-retest à 1 semaine élevée (r = 0,83) et une bonne validité convergente avec d'autres mesures du spectre anxieux — notamment le PSWQ (Penn State Worry Questionnaire), avec une corrélation de l'ordre de 0,66 à 0,74 selon les réplications. Le GAD-7 conserve une sensibilité acceptable, quoique plus modeste, pour d'autres troubles anxieux : Kroenke et collègues (2007) rapportent une sensibilité de 65–74 % au seuil ≥ 10 pour le trouble panique, l'anxiété sociale et le stress post-traumatique — ce qui justifie de l'utiliser comme premier filtre, complété par un différentiel ciblé. Ces propriétés psychométriques en font un outil de dépistage robuste — toujours à interpréter en consultation, jamais à utiliser comme un diagnostic autoporté.
Côté épidémiologie, l'Inserm (dossier troubles anxieux, 2024) estime qu'environ 21 % des adultes français connaîtront un trouble anxieux au cours de leur vie, dont une part significative correspond spécifiquement à un trouble anxieux généralisé. Les troubles anxieux sont environ deux fois plus fréquents chez les femmes que chez les hommes — un signal épidémiologique stable à travers les pays. Sur le plan neurobiologique, l'Inserm rappelle l'implication de circuits limbiques (notamment l'amygdale) et de neurotransmetteurs comme la sérotonine et le GABA dans la régulation des réponses anxieuses. À l'échelle mondiale, l'OMS (2024) rappelle que les troubles anxieux sont la catégorie de troubles mentaux la plus fréquente. Côté traitement, la thérapie cognitivo-comportementale (TCC) est la prise en charge de référence pour l'anxiété généralisée selon la HAS ; certains antidépresseurs (ISRS, IRSNa) sont également utilisés en première intention médicamenteuse. Les benzodiazépines (anxiolytiques GABAergiques) ne sont pas recommandées sur la durée — uniquement pour des épisodes aigus de courte durée, en raison du risque de dépendance. La prise en charge précoce améliore nettement le pronostic — à discuter avec un professionnel de santé.